Des mots dans l'herbe !

Cette page est destinée à accueillir les plus beaux textes célèbrant la nature ou les animaux. Poésies souvenirs d'écolier, ou récentes découvertes, grands auteurs ou illustres inconnus, vos propres textes si vous l'osez.  Adressez les aux administrateurs. Tous seront examinés et publiés selon les saisons, et la disponibilté des petites mains qui font le site. Et bien entendu pour commencer honneur à notre mascotte...

Retrouvez  la chanson des Joyeux Randonneurs (Voir)

Le hérisson

Bien que je sois très pacifique,
Ce que je pique et pique et pique
Se lamentait le hérisson.


Je n'ai pas un seul compagnon.
Je suis pareil a un buisson,
Un tout petit buisson d'épines
Qui marcherait sur des chaussons.

J'envie la taupe ma cousine,
Douce comme un gant de velours.
Émergeant soudain des labours

"Il faut toujours que tu te plaignes"
Me reproche la musaraigne.

"Certes, je sais me mettre en boule
Ainsi qu'une grosse châtaigne,
Mais c'est surtout lorsque je roule
Plein de piquants, sous un buisson,
Que je pique et pique et repique
Moi qui suis si si pacifique"
Se lamentait le hérisson.

 

Maurice Carême

Je ne demande pas autre chose aux forêts

Recueil : Dernière Gerbe (Posthume, 1902).

Je ne demande pas autre chose aux forêts
Que de faire silence autour des antres frais
Et de ne pas troubler la chanson des fauvettes.
Je veux entendre aller et venir les navettes
De Pan, noir tisserand que nous entrevoyons
Et qui file, en tordant l'eau, le vent, les rayons,
Ce grand réseau, la vie, immense et sombre toile
Où brille et tremble en bas la fleur, en haut l'étoile.

Victor Hugo.
 

 

 

Le Lièvre et les grenouilles

Un lièvre en son gîte songeait
(Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe?);
Dans un profond ennui ce lièvre se plongeait :
Cet animal est triste, et la crainte le ronge.
            «Les gens de naturel peureux
            Sont, disait-il, bien malheureux;
Ils ne sauraient manger morceau qui leur profite,
Jamais un plaisir pur, toujours assauts divers.
Voilà comme je vis : cette crainte maudite
M'empêche de dormir, sinon les yeux ouverts.
Corrigez-vous, dira quelque sage cervelle.
            Et la peur se corrige-t-elle ?
            Je crois même qu'en bonne foi
            Les hommes ont peur comme moi»
            Ainsi raisonnait notre lièvre,
            Et cependant faisait le guet.
           Il était douteux, inquiet :
Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre.
            Le mélancolique animal,
            En rêvant à cette matière,
Entend un léger bruit : ce lui fut un signal
            Pour s'enfuir devers sa tanière .
Il s'en alla passer sur le bord d'un étang.
Grenouilles aussitôt de sauter dans les ondes,
Grenouilles de rentrer en leurs grottes profondes.
            «Oh ! dit-il, j'en fais faire autant
            Qu'on m'en fait faire ! Ma présence
Effraie aussi les gens, je mets l'alarme au camp !
            Et d'où me vient cette vaillance ?
Comment ! des animaux qui tremblent devant moi !
            Je suis donc un foudre de guerre ?
Il n'est, je le vois bien, si poltron sur la terre
Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi.»

Jean de La Fontaine

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